Budget 2026 : un recul inquiétant de la gratuité scolaire

Au Conseil communal, Chloé Tratsaert (Ouverture) a interpellé le Collège sur les mesures budgétaires 2026 en Fédération Wallonie-Bruxelles. En réponse, l’Échevin de l’Enseignement Daniel Senesael reconnaît des inquiétudes fondées et communique des chiffres qui soulignent que la gratuité scolaire pourrait reculer, avec un impact direct pour les familles, surtout les plus fragilisées.

Quand la gratuité recule, ce sont les familles qui paient

Dans son intervention, Chloé Tratsaert rappelle que les décisions budgétaires annoncées par la Fédération Wallonie-Bruxelles pourraient entraîner « des modifications substantielles aux dispositifs visant à garantir la gratuité de l’enseignement ».

Elle attire l’attention sur deux leviers essentiels pour l’égalité des chances :

  • la gratuité des repas scolaires, notamment dans les écoles en encadrement différencié ;
  • la gratuité des fournitures scolaires, actuellement garantie pour l’ensemble des élèves jusqu’en 3e primaire, mais qui pourrait évoluer vers un système plus « ciblé ».

« À nos yeux, ces évolutions constituent une régression préoccupante » du droit des enfants à bénéficier d’un enseignement obligatoire réellement gratuit, rappelle-t-elle, en référence à la Convention internationale relative aux droits de l’enfant.

Trois questions posées au Collège communal

Pour obtenir des éléments concrets pour Estaimpuis, la conseillère communale a posé trois questions précises :

  • Vos services ont-ils déjà réalisé une première analyse de l’impact potentiel sur l’enseignement communal (équipes éducatives et élèves) ?
  • Combien d’élèves bénéficient actuellement de la gratuité des fournitures dans nos écoles communales ?
  • Quel est le montant des subventions octroyées par la Fédération Wallonie-Bruxelles à ce titre, et comment soutiennent-elles concrètement l’accessibilité de nos établissements ?

Réponse de la majorité : analyse en cours… et chiffres communiqués

Dans sa réponse, Daniel Senesael, Échevin de l’Enseignement et Président du Pouvoir Organisateur, indique que les annonces de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont suscité une attention particulière des services communaux, compte tenu de leurs effets potentiels sur l’enseignement communal et sur le principe de la gratuité scolaire.

Il précise qu’une analyse exploratoire est en cours, les modalités concrètes de certaines mesures devant encore être clarifiées. Le dossier est travaillé avec les directions d’école (évoqué lors de la réunion mensuelle du 27 novembre et inscrit à l’ordre du jour de la réunion du 14 janvier), avec des propositions qui seront soumises à la COPALOC puis au Collège communal.

Les premières estimations, selon l’Échevin, « laissent apparaître un impact potentiel sur l’accessibilité financière de certaines familles ».


ce que représente aujourd’hui la gratuité scolaire à Estaimpuis en chiffres

L’Échevin détaille le dispositif actuel dans les écoles communales (jusqu’en 3e primaire) :

  • 339 élèves en maternelle : 25.458 €
  • 319 élèves en primaire : 25.100 €

Total : 50.558 € de subventions liées à la gratuité scolaire.

Il indique également que, selon des informations relayées par le CECP, les montants forfaitaires par élève seraient appelés à fortement diminuer, ce qui renforce les craintes d’un report de charge sur les familles.

Gratuité scolaire : un levier contre les inégalités

Dans sa réponse, la majorité rappelle que ces subventions sont un apport financier indispensable pour le fonctionnement des établissements et qu’elles permettent notamment de couvrir :

  • des fournitures scolaires,
  • du matériel pédagogique,
  • des livres et abonnements,
  • du matériel numérique, entre autres.

L’Échevin insiste également sur la nécessité d’évaluer toute évolution vers un subventionnement plus ciblé avec prudence, afin d’éviter :

  • la stigmatisation d’élèves,
  • une charge administrative supplémentaire pour les directions.

protéger les familles, surtout les plus fragilisées

Ouverture prend acte d’un point essentiel : la majorité reconnaît elle-même que l’impact pourrait être réel et toucher l’accessibilité financière pour certaines familles.

Pour Ouverture, il est hors de question que l’école devienne un coût supplémentaire à assumer au quotidien : si la gratuité recule, ce ne sont pas des lignes budgétaires qui trinquent, ce sont les familles.

Ouverture restera mobilisé pour :

  • obtenir une analyse complète, transparente et chiffrée ;
  • défendre une gratuité scolaire réellement accessible ;
  • et refuser tout recul qui aggraverait les inégalités.

La majorité annonce que le dossier sera suivi et évoqué lors de la Commission de l’Enseignement du 22 janvier 2026.

Ouverture y sera attentif : sur un enjeu aussi essentiel, nous voulons des réponses concrètes et des engagements clairs.

22 janvier 2026

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