
L’élection de Miss et Mister Estaimpuis suscite, chaque année, un réel engouement. Il serait malhonnête de le nier. Une partie de la population y est d’ailleurs très attachée, et cet événement s’est inscrit au fil du temps dans le paysage estaimpuisien. Reconnaître cette popularité est essentiel, car notre réflexion ne repose ni sur une opposition idéologique, ni sur un quelconque mépris culturel.
La question que nous posons est d’un autre ordre et nous semble légitime par les temps qui courent : est-ce aujourd’hui une priorité pour la commune d’Estaimpuis ?
Dans un contexte budgétaire tendu, où des efforts sont demandés aux citoyens et où la maîtrise des dépenses publiques est régulièrement invoquée, chaque euro engagé doit pouvoir être justifié avec rigueur. Or, le budget consacré à l’élection de Miss et Mister Estaimpuis continue de représenter un montant conséquent, en progression par rapport aux exercices précédents.
Cette évolution interpelle et plusieurs questions se posent :
- Quels nouveaux besoins concrets la justifient ?
- Quels choix politiques ont conduit à renforcer ce financement plutôt qu’un autre ?
Il ne s’agit pas ici de « punir » un événement, mais bien de rappeler qu’une politique responsable implique de hiérarchiser les priorités. Faire le choix de ne plus organiser ou de revoir profondément ce type d’événement pourrait aussi être perçu comme un geste de courage politique, assumant clairement que, dans une période de contraintes, certaines dépenses doivent être réévaluées.
Nous tenons par ailleurs à saluer positivement la volonté de formaliser l’organisation via des conventions. Cette démarche va dans le bon sens puisqu’elle clarifie les rôles, professionnalise les pratiques et sécurise le cadre. Mais elle ne doit pas occulter une réalité souvent absente des tableaux budgétaires.
Contrairement à ce qui a pu être affirmé, le coût réel de l’événement ne se limite pas aux seules dépenses directement visibles.
Au-delà des montants explicitement inscrits, il existe des coûts indirects bien réels. À savoir la mobilisation du personnel communal, la coordination logistique, le suivi administratif, les heures de travail. Ce temps, même s’il n’apparaît pas toujours clairement dans les documents financiers, représente une charge supportée par la collectivité.
Une gestion rigoureuse des deniers publics implique justement de prendre en compte l’ensemble des ressources mobilisées, visibles ou non.
En définitive, le débat mérite mieux qu’un simple « pour ou contre ». Il mérite une réflexion sereine, honnête et responsable sur ce que la commune choisit de financer, sur ce qu’elle priorise, et sur les signaux qu’elle envoie aux citoyens à qui l’on demande, par ailleurs, des efforts.
12 janvier2026
