La gestion de la Fabrique d’église d’Estaimpuis, fait l’objet de vives interrogations depuis plusieurs semaines. La situation, qualifiée de floue par le bourgmestre lui-même dans les colonnes de L’Avenir, du Nord-Eclair et de NoTélé, a mis en lumière l’opacité entourant certains aspects administratifs et financiers : absence de bail clair pour la salle paroissiale, revenus non tracés, et incertitude sur les bénéficiaires des recettes générées.
Lors du dernier conseil communal, l’intervention du bourgmestre a retenu toute l’attention du Mouvement citoyen Ouverture. À tel point qu’elle a modifié la position du groupe. Alors qu’une approbation était initialement envisagée, Ouverture a finalement choisi de s’abstenir, considérant que « la situation soulevée était grave, confuse et nécessitait davantage d’investigations ».
Depuis lors, le groupe a décidé de pris ses responsabilités. Une rencontre a été sollicitée avec les responsables de la Fabrique d’église d’Estaimpuis. Si celle-ci a refusé un échange en présentiel, elle a accepté de répondre par écrit à une série de questions précises.
« Les réponses reçues traduisent, à certains égards, une volonté sincère de bien faire de la part des bénévoles impliqués. Mais cette volonté se heurte manifestement à un manque de maîtrise des aspects juridiques, comptables et administratifs qu’exige la gestion d’une Fabrique d’église aujourd’hui », explique Thierry Graulich.
Malgré ces échanges, les réponses demeurent floues, incomplètes et parfois contradictoires, ne permettant pas de lever les doutes sur le fonctionnement de cette structure. Le groupe s’inquiète d’une opacité persistante. Il cite notamment une réunion d’information récente où le Premier Échevin affirmait qu’une Fabrique pouvait décider d’acheter un bien immobilier et demander ensuite à la commune de financer les travaux intérieurs.
Une réforme structurelle réclamée
Pour Ouverture, le problème dépasse le seul cas estaimpuisien. Il s’agit d’un modèle hérité d’un autre temps – en l’occurrence de 1809, sous Napoléon Ier – qui ne correspond plus ni aux réalités religieuses actuelles, ni aux exigences démocratiques modernes. « Si l’Église refuse d’évoluer, c’est son droit. Mais nous, en tant que groupe politique, nous ne pouvons pas cautionner un modèle dépassé. »
Dès lors, le groupe annonce qu’il s’abstiendra systématiquement sur tous les points budgétaires relatifs aux fabriques d’église tant qu’aucune réforme de fond ne sera engagée. Il appelle à une fusion des fabriques par Unité Pastorale, en l’occurrence une seule pour le Val de l’Escaut… « Pourquoi maintenir 22 fabriques pour une seule paroisse, alors que l’Unité Pastorale fonctionne déjà comme un ensemble unifié ? » conclut Thierry Graulich.
Ouverture dit oui à la foi privée, oui au patrimoine collectif, mais non à un système obsolète et à une responsabilité communale sans contrôle réel. C’est une abstention donc de principe, mais surtout un appel à la réforme.
29 juin 2025

