Évregnies : Le Cercle Saint-Vaast, bien plus qu’un bâtiment, une salle paroissiale.

Parfois, un dossier immobilier en dit plus sur l’état d’une commune qu’un long discours politique. Le projet d’acquisition du Cercle Saint-Vaast à Évregnies n’est pas qu’une simple transaction : c’est le symbole d’une réconciliation et d’une volonté de bâtir, ensemble, l’avenir du village.

Il y a trente ans, la vie politique à Évregnies était marquée par des clivages profonds, dignes du célèbre duo « Don Camillo et Peppone ». Aujourd’hui, l’atmosphère a changé. Le récent Conseil communal, où a été discutée l’acquisition du Cercle Saint-Vaast, en est la preuve éclatante : le temps de l’affrontement a laissé place à celui du dialogue et de l’écoute.

Bien au-delà du béton : le besoin de convivialité

Au-delà de la nécessité technique (la gestion du stationnement, la sécurité du bâtiment vétuste ou la mise en valeur de l’espace public), ce dossier soulève une question essentielle : quelle place donnons-nous au lien social dans nos villages ?

Une étude publiée récemment par le quotidien Le Monde mettait en lumière une corrélation frappante : dans les zones rurales, la disparition des cafés, des bars et des lieux de rencontre favorise le repli sur soi et, in fine, la montée des extrêmes. Les chiffres sont éloquents : le « comptoir » est un lieu de débat, de confrontation constructive et d’apprentissage du vivre-ensemble.

Un enjeu de cohésion sociale

Le Cercle Saint-Vaast n’est pas qu’une salle à vendre. C’est :

  • Un refuge : Un lieu pour les jeunes, pour éviter l’errance dans les rues.
  • Un héritage : Un espace où la mission pastorale et sociale peut perdurer.
  • Un trait d’union : Un outil pour apaiser les tensions et créer des objectifs communs.

Faire vivre ces lieux devient, en ce sens, un véritable devoir citoyen.

Un appel à la responsabilité

La balle est désormais dans le camp de l’ASBL Val de l’Escaut. Si l’aspect financier d’une mise aux enchères est tentant, nous sommes persuadés que l’intérêt collectif et le devenir du village va primer. Privilégier un investisseur privé serait passer à côté de l’opportunité de préserver « l’âme » du village.

Nous lançons donc un appel aux propriétaires, mais aussi à notre nouvel évêque, Monseigneur Rossignol : choisissons la cohésion.

Le rachat de ce lieu par la commune serait le point final d’une ère de divisions. Ce serait, symboliquement et concrètement, le signe qu’à Évregnies, nous avons définitivement tourné la page du « Petit Monde de Camillo » pour écrire, ensemble, un avenir apaisé.

10 mars 2026.

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