Lors du dernier conseil communal, un moment fort – et pour tout dire, inattendu – a marqué les débats. Le bourgmestre, Frédéric Di Lorenzo, a profité d’un point relatif à la salle paroissiale du Bon Accueil à Estaimpuis pour accuser la Fabrique d’église d’une mauvaise gestion financière. Une sortie sèche, qui a détourné l’attention de sujets tout aussi larges, mais tout aussi fondamentaux : par exemple, celui du soutien aux salles paroissiales de nos villages …
Car c’est bien ce point que notre groupe Ouverture souhaitait aborder au départ, avant même que « la bombe » ne soit lancée. Notre intervention était prévue, rédigée, et restait d’actualité, quelle que soit la polémique suscitée ensuite. Ouverture a porté cette interpellation en attirant l’attention sur la situation globale des salles paroissiales dans notre entité.
Soyons clairs… Ces salles ne relèvent pas de l’autorité communale. Cependant, souvent attenantes aux lieux de culte, elles continuent de jouer un rôle central dans la vie associative et culturelle de nos villages. Elles accueillent fêtes locales, réunions de clubs, activités pour les jeunes ou les aînés. Mais leur état, leur accessibilité et leur pérennité inquiètent.
Nous avons posé une question simple et essentielle : quel soutien la commune ou ses partenaires accorde-t-elle à ces salles paroissiales ? Et plus précisément, quelle est la position de l’ASBL Val de l’Escaut à leur égard ?
En effet, nous avons été alertés par plusieurs acteurs de terrain : cette ASBL, censée soutenir les projets socioculturels locaux, refuserait désormais tout financement à certaines de ces salles. Un choix brutal, difficile à comprendre… et à accepter, surtout quand on découvre qu’elle a investi récemment – dit-on à hauteur de 250.000 € – dans la réaffectation d’une salle paroissiale à Celles. Une salle située, curieuse coïncidence, dans la commune du président de ladite ASBL.
Deux poids, deux mesures ?
Si les logiques d’investissement de cette structure dépendent du code postal des bénéficiaires ou des affinités personnelles, il y a là un réel problème d’équité. L’argent devraient être réparti selon l’intérêt général, et non selon des proximités géographiques.
Certes, la commune ne pilote pas cette ASBL. Mais elle peut jouer un rôle de sensibilisation et de plaidoyer, en rappelant à ses partenaires institutionnels leur responsabilité en matière de cohésion territoriale. Tous les responsables et bénévoles de salles paroissiales méritent qu’on les écoute, qu’on les entende, qu’on les considère et qu’on les soutienne.
Nous restons bien entendu disponibles pour contribuer à une réflexion constructive sur la valorisation de ces salles, dans un esprit d’équité, de transparence, et surtout de respect pour les citoyens et les bénévoles qui font vivre nos villages, quel que soit le clocher.

